Soins dentaires conventionnés en Belgique : comment bien choisir son dentiste ? 

Si vous vivez en Belgique, il est essentiel de comprendre comment fonctionne le parcours de soins dentaires lorsque vous consultez un dentiste conventionné. Ce statut détermine le coût que vous paierez au cabinet, la part remboursée par l’assurance obligatoire (via INAMI), et les compléments possibles via votre mutuelle (par exemple Solidaris, Mutualité Chrétienne, Partenamut).

Qu’est-ce qu’un dentiste conventionné ?

Un dentiste est dit conventionné lorsqu’il adhère à la convention fixée entre les dentistes et l’assurance obligatoire (INAMI). Cette adhésion implique qu’il s’engage à appliquer des tarifs de référence définis par l’accord national et à respecter les règles administratives prévues par cet accord.

En pratique, cela signifie que les honoraires pour chaque acte (consultation, détartrage, soins conservateurs, extractions, etc.) sont codifiés et qu’il y a une transparence pour le patient.

Pour le patient, les implications sont claires :

  • Le tarif indiqué pour une prestation correspond à une base de remboursement officielle.
  • La mutuelle (assurance obligatoire + complémentaire) rembourse selon ce barème ; le patient paie généralement le ticket modérateur (la part restant due après remboursement), et éventuellement un supplément uniquement si le dentiste applique un dépassement exceptionnel.
  • Pour certaines catégories comme les enfants, ou pour des soins préventifs, un remboursement intégral (hors suppléments) est possible sous certaines conditions.

En contrepartie, un dentiste conventionné accepte de limiter ses honoraires aux barèmes légaux.

L’INAMI : rôle, tarification et cadre légal

L’INAMI fixe les tarifs de référence et publie régulièrement la nomenclature des prestations dentaires, leurs codes et les montants applicables. Ces tarifs sont revus périodiquement — ajustements à l’index, revalorisations dans le cadre de nouveaux accords.

Par exemple, le dernier Accord national dento-mutualiste 2024–2025, conclu en décembre 2023, prévoit des revalorisations d’honoraires pour certaines prestations (comme le détartrage sous-gingival, les extractions, certains actes prothétiques), ainsi qu’une revalorisation en fonction de l’index.

Cela garantit que les soins restent remboursables selon des montants mis à jour, tout en permettant aux dentistes conventionnés de couvrir des coûts plus élevés liés à l’inflation ou à l’évolution technologique.

Ainsi, pour connaître le montant exact remboursable pour un soin donné, il convient de se référer à la grille tarifaire la plus récente disponible sur le site de l’INAMI.

Comprendre le mécanisme de remboursement : INAMI + mutuelle

Le remboursement des soins dentaires comprend plusieurs composantes :

  1. Montant INAMI (base de référence) — c’est le tarif officiel fixé pour l’acte.
  2. Ticket modérateur — la différence entre le tarif facturé (par le dentiste conventionné, selon barème) et ce que couvre l’assurance obligatoire. Dans le meilleur des cas, le ticket modérateur est modéré, surtout si le dentiste respecte les tarifs légaux.
  3. Suppléments éventuels — si le dentiste pratique un dépassement ou des honoraires libres (cas d’un dentiste non-conventionné), la partie excédentaire n’est pas remboursée par l’assurance obligatoire. Le patient en assume alors la totalité, sauf s’il a une assurance dentaire complémentaire.
  4. Remboursements complémentaires via la mutuelle — selon la mutuelle (Solidaris, Mutuelle Chrétienne, Partenamut, etc.), certains soins peuvent être remboursés en grande partie, voire intégralement (notamment pour les soins préventifs, ou en cas de souscription d’assurance dentaire complémentaire).

Exemple concret (schématique) :

  • Acte : détartrage (tarif INAMI) → base remboursable A €.
  • Si dentiste conventionné : vous payez A − remboursement INAMI (ticket modérateur) + éventuellement un petit supplément si autorisé.
  • Si dentiste non-conventionné : le dentiste peut facturer un montant B > A, mais l’INAMI ne rembourse que A. Le reste (B − A) est à votre charge, plus le ticket modérateur éventuel.

Ce mécanisme montre pourquoi le choix d’un dentiste conventionné est souvent plus avantageux pour le patient, notamment si l’on veut éviter des coûts excessifs ou des surprises.

Parcours administratif pour le patient (étapes concrètes)

Voici les grandes étapes que suit un patient en Belgique lorsqu’il recourt à un dentiste conventionné :

  1. Choix du dentiste : vérifiez s’il est conventionné. Les cabinets affichent souvent leur statut, ou vous pouvez vous renseigner via l’INAMI ou votre mutuelle.
  2. Prendre rendez-vous : informez la secrétaire de votre mutuelle, voire demandez si le cabinet pratique le tiers payant (voir § suivant).
  3. Devis (si soins prothétiques / implants / actes complexes) : pour les actes coûteux, demandez un devis détaillé mentionnant le code INAMI, le tarif, le remboursement attendu, le ticket modérateur, et le supplément éventuel. Cela permet de prévoir le reste à charge avant d’engager les soins.
  4. Prestation + facturation : après le soin, le dentiste émet une facture ou une attestation de soins. Si le cabinet pratique le tiers payant, la déclaration peut être faite automatiquement à la mutuelle via e-Attest. Sinon, c’est à vous d’envoyer l’attestation pour remboursement.
  5. Remboursement : la mutuelle rembourse la part INAMI + éventuellement le complément (si assurance dentaire ou contrat approprié). Le reste (ticket modérateur + suppléments) reste à votre charge.

Ce parcours montre combien il est important d’anticiper, de demander un devis, et de vérifier les conditions avant toute intervention, surtout si elle est coûteuse.

Ce que remboursent les mutualités et leurs formules

Outre l’assurance obligatoire (via l’INAMI), les mutuelles belges proposent souvent des assurances dentaires complémentaires ou des formules de remboursement améliorées. Les prestations peuvent varier selon l’âge, le type de soin et le statut du dentiste (conventionné ou non).

Solidaris

  • Formules dentaires “Dentimut” : remboursement intégral pour les soins préventifs si le dentiste est conventionné.
  • Pour les soins plus complexes (prothèses, implants), des formules complémentaires permettent de réduire le reste à charge.

Mutualité Chrétienne (MC)

  • Pour les moins de 19 ans : remboursement total des soins préventifs et curatifs chez un dentiste conventionné.
  • Pour les plus de 19 ans : formules Dento+ ou Dento Premium, couvrant le ticket modérateur et, parfois, une partie des prothèses.

Partenamut

  • Assurance Dentalia Up : remboursement partiel ou total des frais non pris en charge par l’assurance obligatoire.
  • Couvre le reste à charge pour les prothèses, implants et soins curatifs dans la limite d’un plafond annuel.

Mutualité Socialiste (Solidaris – réseau MSS)

  • Couverture complémentaire pour le ticket modérateur et certains actes prothétiques.
  • Les enfants bénéficient de remboursements supplémentaires pour les soins préventifs annuels.

Mutualité Libérale / Mutualité Neutre

  • Offre des plans dentaires couvrant une partie des dépassements d’honoraires chez un dentiste non-conventionné.
  • Certaines formules incluent un forfait annuel pour soins préventifs, détartrages et consultations de contrôle.

Mutualité Mutualité Neutre (MN) / Mutualité Neutre Complémentaire

  • Propose des remboursements améliorés pour les soins orthodontiques, prothèses, et implants.
  • Souvent conditionnés à des plafonds annuels et à des périodes d’ancienneté.

👉🏻 Conseils pratiques

  • Avant un traitement coûteux, demandez toujours le détail du remboursement auprès de votre mutuelle.
  • Vérifiez les plafonds annuels, les conditions d’âge, et la nécessité de consulter un dentiste conventionné pour bénéficier des remboursements optimaux.
  • Comparer les offres peut réduire sensiblement le reste à charge, surtout pour des soins prothétiques ou orthodontiques.

Droits particuliers : enfants, soins préventifs, urgence

  • Enfants et adolescents (< 19 ans) : la prise en charge des soins préventifs et curatifs est souvent totale, à condition de consulter un dentiste conventionné. Cela encourage la prévention dès le plus jeune âge.
  • Soins préventifs réguliers (contrôles, détartrages, examens) : lorsqu’ils sont faits chaque année, certaines mutuelles peuvent offrir un remboursement total ou très avantageux, surtout si le dentiste est conventionné. Un suivi régulier peut donc réduire le coût global des soins dentaires.
  • Situation d’urgence : en cas d’urgence, un patient peut être amené à consulter un dentiste non-conventionné (manque de disponibilités, éloignement, etc.). Dans ce cas, le remboursement se fait toujours sur base INAMI, mais les suppléments d’honoraires sont à charge du patient, ce qui peut alourdir considérablement la facture.

Tarifs, évolutions réglementaires et indexation

Les tarifs de référence définis par l’INAMI sont régulièrement actualisés. Par exemple, l’accord dento-mutualiste 2024–2025 a prévu une indexation des honoraires de plusieurs soins dentaires, ce qui s’applique aussi aux remboursements, afin de compenser l’inflation et l’augmentation des coûts (matériels, locaux, gestion de cabinet).

Cela signifie qu’un tarif que vous connaissiez il y a quelques années peut avoir changé, tout comme le montant remboursé. Il est donc recommandé de consulter la grille tarifaire la plus récente avant de planifier un traitement, et de demander un devis conforme.

Implantologie, prothèses et soins complexes : ce qu’il faut savoir

Les actes prothétiques (couronnes, bridges, prothèses amovibles) et l’implantologie ne sont pas toujours remboursés intégralement par l’assurance obligatoire. Dans beaucoup de cas, la prise en charge par l’INAMI est partielle, ou l’acte n’est pas couvert du tout, ce qui signifie que le reste à charge peut être important.

C’est ici que les assurances dentaires complémentaires des mutuelles entrent en jeu : elles peuvent couvrir (partiellement ou totalement) le reste à charge, mais avec des plafonds, des conditions d’ancienneté, des délais de renouvellement, etc. Parfois, des franchises ou des limitations s’appliquent.

Avant d’entamer un plan de soins prothétiques (implants, couronnes, bridges) il convient donc :

  • De demander un devis détaillé au dentiste (code INAMI, tarif, part remboursée, reste à charge),
  • De se renseigner auprès de votre mutuelle sur les plafonds, conditions et délais,
  • De comparer éventuellement plusieurs devis si vous avez la possibilité, afin de choisir la solution la plus avantageuse financièrement.

Dentiste conventionné vs dentiste non-conventionné : quelles différences ?

En Belgique, le statut du dentiste (conventionné ou non-conventionné) a un impact direct sur le montant que le patient devra payer et sur la prévisibilité des soins.

  • Un dentiste conventionné s’engage à appliquer les tarifs officiels fixés par l’INAMI dans le cadre de l’accord national. Cela signifie que chaque acte dispose d’un honoraire de référence et que le dentiste ne peut facturer des dépassements que dans des cas strictement prévus. Pour le patient, cela garantit une meilleure maîtrise du budget, un ticket modérateur limité, et une transparence tarifaire.
  • À l’inverse, un dentiste non-conventionné n’est pas tenu de respecter les tarifs INAMI. Il peut fixer librement ses honoraires, ce qui peut entraîner des coûts nettement plus élevés, puisque l’assurance obligatoire remboursera toujours sur base du montant INAMI — non sur celui facturé par le dentiste. La différence entre l’honoraire libre et le tarif INAMI reste entièrement à charge du patient. Les mutuelles ne remboursent généralement pas ces dépassements, sauf si vous disposez d’une assurance complémentaire étendue.

Pour les patients (familles, jeunes, seniors ou personnes avec budget limité) choisir un dentiste conventionné représente donc un avantage financier substantiel, en particulier pour les soins préventifs, les détartrages annuels, les soins des enfants ou des soins courants.

Comment trouver un dentiste conventionné (près de chez vous, à Arlon / Wallonie) ?

Voici quelques pistes pour identifier un dentiste conventionné si vous vivez à Arlon ou ailleurs en Wallonie :

  1. Consultez le site de l’INAMI : il offre un répertoire de prestataires (dentistes) avec indication du statut de conventionnement.
  2. Contactez votre mutualité : elles ont souvent des listes de dentistes « recommandés » ou « conventionnés ».
  3. Demandez directement au cabinet : un simple appel ou visite peut suffire. La plupart des cabinets conventionnés affichent leur statut. Si besoin, demandez le numéro INAMI du dentiste pour vérification.

Conseils pratiques pour limiter votre reste à charge

  • Favorisez les soins préventifs réguliers (contrôle annuel, détartrage). Ils sont souvent remboursés efficacement, surtout avec un dentiste conventionné.
  • Demandez toujours un devis détaillé avant des soins coûteux (prothèses, implants, orthodontie) indiquant le code INAMI, le tarif, le remboursement prévu.
  • Comparez plusieurs devis lorsque possible. Cela peut faire une différence importante en termes de coût final.
  • Vérifiez votre mutuelle : souscrire une assurance dentaire complémentaire peut fortement réduire le reste à charge pour certains actes.
  • Privilégiez un dentiste conventionné pour maximiser la transparence et minimiser les coûts, sauf cas particuliers (urgence, indisponibilité, etc.).

FAQ

Un dentiste non-conventionné sera-t-il toujours plus cher qu’un conventionné ?
Pas forcément toujours, mais en général oui — parce qu’il fixe librement ses honoraires. L’assurance obligatoire ne rembourse que sur la base INAMI, ce qui signifie que tout dépassement reste à votre charge. Les suppléments ne sont généralement pas remboursés par les mutuelles. solidaris-brabant.be+2Le Spécialiste+2

Les soins préventifs sont-ils gratuits pour les enfants ?
Dans de nombreux cas, oui — pour les moins de 19 ans, les soins dentaires préventifs et curatifs sont remboursés à 100 % lorsqu’ils sont effectués par un dentiste conventionné. Vérifiez les conditions auprès de votre mutuelle. INAMI+1

Qu’est-ce que le “tiers payant” ?
Si le cabinet dentaire l’applique, vous ne payez que la part qui reste à votre charge (ticket modérateur + suppléments éventuels), la mutuelle réglant directement le reste. Cela simplifie les démarches et évite d’avancer l’intégralité des frais. INAMI+1

Comment calculer rapidement mon reste à charge avant de commencer un traitement ?
Demandez au dentiste le code INAMI de l’acte + le tarif qu’il appliquera. Consultez la grille INAMI pour le remboursement de base, soustrayez ce montant du tarif facturé → vous obtenez le ticket modérateur. Si le dentiste applique des suppléments ou si l’acte n’est que partiellement remboursé, ajoutez la différence. Demandez ensuite à votre mutuelle quels compléments sont possibles (et leurs plafonds).